Les conséquences de la crise gouvernementale fédérale sur la présidence belge de l'Union européenne et le rôle de la Région wallonne dans celle-ci
Question écrite le 04/05/2010 à DEMOTTE Rudy, Ministre-Président du Gouvernement wallon
11/02/2010 | LUTGEN Benoît, Ministre des Travaux publics, de l'Agriculture, de la Ruralité, de la Nature, de la Forêt et du Patrimoine.
Dans un toutes-boites édité par Aldi, la chaîne adresse ses bons v?ux à tous nos agriculteurs. Le message est frappant : « Aussi en 2010, vous pouvez compter sur Aldi ».
Les agriculteurs sont ravis. La crise du lait aura généré un prix juste pour les producteurs de lait. 2010 s'annonce sous les meilleurs auspices.
Ceci est une fiction.
Le message d'Aldi existe bien mais il est destiné aux consommateurs en mal de pouvoir d'achat. En effet, les bons v?ux d'Aldi sont écrits sur une page entière annonçant une baisse de 14 centimes du prix de la boîte de lait en magasin au 1er janvier 2010. Et Aldi d'expliquer que « en juillet 2009, nous avons dû augmenter le prix du lait de 14 cents par litre. Ces 14 cents ont été payés aux producteurs de lait, durant 6 mois, en compensation des prix bas. Cette disposition n'est plus en vigueur depuis le 1er janvier 2010. Dès lors, c'est tout fait normal de baisser le prix du lait dans nos magasins de 14 cents ».
Le public mérite une meilleure information sur les prix du lait que ce type de message publicitaire. Monsieur le Ministre a fait de l'information au consommateur un axe transversal du « Plan wallon de soutien au secteur laitier ». Comment peut-on lutter contre ce genre de message simplificateur ?
J'espère par ailleurs que Monsieur le Ministre invitera les autres grandes surfaces à maintenir un prix équitable pour le producteur.
Aldi vend aujourd'hui un litre de lait entier en produit d'appel à 49 cents. Ce prix est exactement le même que celui pratiqué par la chaîne avant que n'éclate la crise du lait. A ce prix-là, aucun producteur de lait ne peut être rémunéré équitablement.
Depuis le début de la crise, Monsieur le Ministre a été particulièrement actif dans le dossier du lait et dans les solutions envisageables à y apporter. Il est essentiel que le consommateur puisse choisir une rémunération juste pour le producteur. Il a soutenu la création d'un label de qualité par le MIG. De nombreux fermiers ont déjà marqué leur intérêt. Comment fonctionnera la coopérative ? Où le consommateur pourra-t-il trouver du lait équitable ? Comment envisage-t-il le développement de cette filière courte ?
A l'époque de la crise du lait, la cons?ur de Monsieur le Ministre au niveau fédéral, Sabine Laruelle, estimait « inacceptable que l'on fasse des produits d'appel du lait, de la viande, des légumes et des fruits ». Je partage ce point de vue. Pourtant, chaque semaine, les supermarchés annoncent des prix réduits sur la viande ou, comme Aldi cette fois-ci, sur le lait.
Comment éviter que le fermier soit systématiquement mis dans les cordes pour cause de promotion irresponsable ? Les attentes des agriculteurs et de la majorité des wallons qui les soutiennent trouvent-elles une réponse appropriée de la part des représentants du secteur de la distribution ?
Le fossé est grand entre le produit de base et le produit commercialisé. Si je vous interpelle sur le lait aujourd'hui, je pourrai le faire demain pour d'autres produits issus de notre agriculture. Le développement des filières courtes est essentiel. Comme je l'ai mentionné, Monsieur le Ministre a aidé à la mise en place d'une filière courte pour le lait. Peut-on espérer une mesure similaire pour d'autres produits ?
Enfin, la présidence belge permettra-t-elle à la Wallonie de faire entendre la voix de ses agriculteurs ? Le Fédéral, les Régions wallonne et flamande ont-ils pu s'accorder sur une position commune et sur un cahier des charges pour porter les revendications des agriculteurs et des consommateurs responsables pendant les 6 mois de la présidence belge ?